16 août 2011

Ascension du Mont Meru

Le Mont Meru est un ancien volcan dont le pic s'élève à 4566m et qui se trouve à proximité du Kilimanjaro. Il est d'ailleurs surnommé le père du Kilimanjaro puisqu'il s'est formé avant lui il y a 6000 ans.
L'ascension du Mont Meru se fait en 3 étapes:
1- Miriakamba Hut ( 4h30 de marche d'un bon pas - 1000 m de dénivelé)
Nous avons donc rejoint un groupe de 5 autres randonneurs : 3 allemands et 2 autrichiens. Pour nous encadrer nous avions un ranger armé et en tenue militaire; Guidéon est plutôt jeune et rigole sans arrêt pour un rien.
Il est obligatoire d'être encadré par un ranger pour notre sécurité. En effet le parc national d'Arusha habritent de nombreux animaux sauvages qui peuvent attaquer les humains s'ils se sentent agresser. Guidéon a déjà utilisé son arme contre un buffle qui s'est retrouvé sur le chemin de randonnée et qui allait charger le groupe de randonneurs. En tout le parc compte 75 rangers.
Tandis que nous empruntons la longue route avec lui nous faisant traverser la forêt, notre guide personnel, notre cuisinier et nos deux autres porteurs entament la voie plus accidentée.
Notre chemin traverse d'abord une clairière magnifique où à quelques dizaines de mètres on peut voir des zèbres, girafes et phacochères. Nous ne pouvons pas apercevoir le sommet qui est caché par les nuages et la brume de la forêt.
Lorsque nous sommes entrés dans la forêt, on a été surpris par les toucans et surtout les colobes noirs, ces singes magnifiques au pelage noir avec une queue longue blanche.

La forêt, qui a poussé sur le sol volcanique, a l'air tout droit sortie d'une autre planète. Elle est très dense, les arbres sont plus que centenaires, le lichen a envahit la plupart des arbres, formant une sorte de toile d'araignées. Le sol est tapissé de mousse et de petites herbes. Etant donné qu'on se trouve dans un parc protégé, elle est restée intacte, comme s'il n'y avait jamais eu le passage de l'homme.

A mi-chemin nous avons pique niqué au bord d'une jolie petite cascade. Et au bout de 4 heures de marche, nous approchons du Ash Cone (Cône du Volcan) qui se trouve au centre d'un fer à cheval de falaises qui plongent sur plus de 1500 m. Au loin on peut admirer les lacs Momela, formés après l'éruption du volcan.
Un chocolat chaud et du pop corn nous attendait au refuge Miriakamba à 2500m d'altitude où nous avons passé la nuit. Dans la salle de restauration, seuls les voyageurs y mangent; chaque groupe a sa table. Donc Konrad et moi avions une table pour nous 2. Le repas du soir, préparé par notre cuisinier Ismaël, était excellent et changeait grandement de la nourriture du Workcamp, on a pu dégusté une soupe délicieuse, du riz avec de la sauce à la viande et du poisson pané.


2- Miriakamba Hut -> Saddle Hut ( 3h - 1000 m de dénivelé)
Après un petit déjeuner copieux, nous avons marché pendant 3h sur un chemin jalonné de marches. Le long du chemin nous avons une magnifique vue de l'Ash Cone et des lacs Momela.
Le ranger nous apprend que c'est sa 41e montée du Mont Meru en 4 ans d'exercice. Le froid nous saisit de suite lorsqu'on arrive au Saddle Hut à 3500m d'altitude, pourtant il n'est que midi.
L'après-midi nous avons fait un aller retour au Little Meru (Petit Meru) dans l'espoir de voir le sommet du Kilimanjaro. Depuis que nous sommes arrivés dans la région, il a joué au timide, caché derrière les nuages. Au sommet du petit Meru, on a cru voir un soupçon du sommet, mais peut être est-ce un mirage...
Nous partons nous coucher tôt, vers 20h car on se lèvera à minuit pour finir l'ascension.






 3- Saddle Hut -> Sommet du Mont Meru ( 6h - 1000 m de dénivelé)
J'ai à peine dormi dans ce refuge à cause de voisins américains trop bruyants... Donc le réveil à 00h30 a été plutôt dur, comme si je venais de passer une nuit blanche.

Une petite collation et une tasse de thé dans l'estomac et on se met tout de suite en route pour les derniers 1000m de dénivelé.
A l'origine je n'avais pas prévu de faire l'ascension du Mont Meru et donc je n'avais pas forcément les vêtements chauds recommandés. J'ai loué des gants et une cagoule à un tanzanien. Sinon j'ai mis toutes les épaisseurs de vêtements d'été que j'avais : 6 couches en tout. Il fait tout de même froid, à 4000 m et de nuit, il y a du givre sur le sol noir recouvert de cendres.
C'est la première fois pour moi que je randonne de nuit. Je me guide à l'aide de ma lampe frontale, orientée vers les pieds de la personne qui me devance et un peu vers le sol. La lune, presque pleine, donne un aspect particulier au paysage. Au loin on apperçoit des points lumineux (autres randonneurs) se dirigeant vers le sommet avec la lune et les étoiles en arrière plan, j'ai l'impression d'explorer une autre planète.
La montée vers le Rhino Point (300 m de dénivelés) est plutôt facile. Ensuite le chemin est nettement plus difficile, escarpé, périlleux. Sur certains tronçons il fallait escalader à mains nues et sans aucune protection, avec comme seul éclairage la lampe frontale. On sentait bien qu'il y avait un grand vide à côté de nous, mais impossible de voir dans cette pénombre. Ce n'est qu'au retour que j'ai découvert, que ces passages étaient extremement dangereux.
N'étant pas très sportive au quotidien et avec l'accumulation des efforts et de la fatigue, le trajet était vraiment éprouvant pour moi. Les autres randonneurs de ma cordée sont passés devant me laissant avec le guide pour que j'aille à mon allure. Certains randonneurs d'autres groupes faisaient demi tour car ne pouvaient plus avancer. J'ai vraiment puisé dans mes forces et surtout grâce à mon mental j'ai réussi à arriver au sommet. Le temps pressait et m'était compter puisqu'il fallait que j'arrive à temps pour le lever du soleil. Au total, il m'a fallu 5h24 pour l'atteindre. Soit 6 minutes à peu près avant le lever du soleil.


We did it !!!

Le spectacle au sommet valait vraiment les efforts fournis. Le sommet du Kilimanjaro flottent au dessus des nuages. La vue est époustouflante lorsque le soleil se lève juste derrnière le Kili, le soleil devient orangé. Le cratère du Mont Meru s'éveille et nous offre une superbe vue sur ces falaises de plus de 1000m de haut. Le soleil réchauffe mes pieds. J'ai l'impression d'être sur le toit du monde.
On ne reste pas très lontemps là haut, qu'une petite demie heure, les autres ont mal à la tête, moi je suis juste épuisée et me demande comment je vais faire pour descendre les 3000 m dans la journée.
La descente jusqu'au Saddle Hut m'a pris 3h30 (vs 5h24 de montée). Le trajet fut spectaculaire puisque je découvre le chemin emprunté à l'aller, en pleine nuit. Et tous ces kilomètres parcourus... qui n'en finissent pas. Certains endroits sont tellement vertigineux que j'ai encore du mal à réaliser que je les ai parcouru de nuit.


En descendant le long de l'arrête du volcan, l'Ash Cone est ensoleillé. En contre bas, on distingue aisément les coulées de lave, maintenant recouverte par la végétation. Durant le trajet je suis prise du mal des montagnes (nausées et maux de tête). C'est une chose courante ici. Mais cela rend la descente encore plus difficile. Le guide pensait que j'irai mieux en arrivant à Saddle Hut, en déjeunant. Mais malheureusement ça n'a pas été le cas. Avec le ranger ils ont décidé de me faire descendre les derniers 2000m de dénivelé en brancard, portés par des porteurs. J'aurais été incapable de descendre encore 5 ou 6 heures de marche entre mes vomissements.

En arrivant à Momela Gate, nous avons reçu un certificat prouvant que nous sommes allés jusqu'au sommet et nous avons signé un registre.
Il n'est pas rare que les randonneurs s'arrêtent avant le sommet. Beaucoup abandonnent et je comprends pourquoi. On n'est pas assez avertis au départ de la difficulté de la dernière ascension.



Même si ce n'est pas quelque chose que je dis souvent, cette fois je peux avouer que je suis plutôt fière de moi, car ce n'est pas donné à tout le monde d'arriver jusqu'au bout. Et malgré l'épuisement physique, on peut y arriver avec le mental.
En fin d'après-midi,  avec Konrad nous avons pris un taxi collectif pour se rendre à Mto Wa Mbtu (La Rivière aux Moustiques) à 2h de route d'Arusha. J'ai du louer tout l'arrière de la voiture pour pouvoir m'allonger et récupérer.


  

Les passages périlleux

Safari Brancard

13 août 2011

En route vers le Nord

Friandises à vendre aux fenêtres du car
Alors que les autres membres du groupe de bénévoles partent pour l'île de Zanzibar, je prends le chemin du Nord du Pays avec Konrad, un bénévole Allemand de 24 ans. D'abord nous sommes partis de Chamazi à 7h pour arriver à 8h30 à un autogare de Dar Es Salam. Nous sommes passés par une agence de tourisme locale qui a l'habitude de travailler avec Uvikiuta et offre des prix avantageux. Au moins nous ne verserons pas d'argent à des tour opérators étrangers. Avec nos billets déjà en poche, à proximité d'un car, un homme s'approche de nous et nous demande de payer un supplément pour nos bagages. Pensant bien faire Konrad lui donne l'argent, moi je restais hyper méfiante. Arrivés au car, le chauffeur, avec un Tshirt de la compagnie de car, nous apprend que l'homme est un voleur et lui demande directement de nous rendre l'argent. Chose étrange : pourquoi le voleur ne s'est pas enfui quand nous lui avons donné de l'argent et nous a suivi?

Nous voilà partis pour 8h de car, enfin c'est ce qu'on croyait, nous avons mis 10h. Un arrêt pipi au bout de 3h. Mais il ne faut vraiment pas être pudique. Pire qu'en Chine, si si c'est possible... Le bus s'est arrêté au milieu de la savane. Derrière une paillasse en feuille à côté de la route, un carré de terre est à la disposition des femmes. Je me retrouve au milieu d'une douzaine de femmes faisant leurs besoins en même temps devant moi. Bonjour l'intimité.
Sur le chemin, on a pu apprécié le paysage allant de la côte proche de Dar Es Salam avec l'eau turquoise aux montagnes avec des forêts tropicales.
A l'approche de Moshi, nous n'avons pas pu voir le Kilimanjaro, complètement invisible à cause de la brume et des nuages. On a cru voir un peu de neige au sommet, mais surement un mirage.

Kilimanjaro
En s'approchant d'Arusha, notre ville de destination, une impressionnante montagne se dresse devant nous: c'est le Mont Meru (se dit Mérou), 4566 m d'altitude et c'est cette montagne que nous allons grimpé le lendemain.
Alors que nous devions dormir à l'Hôtel "Smile", l'agence tanzanienne avait pas prévu qu'il serait complet. Finalement en négociant, nous avons dormi au Jacaranda ( nom de l'arbre à fleurs bleues violacées), hôtel tenu par des Français. Nous avons vraiment apprécié notre première douche chaude après 3 semaines, une nuit calme sans le cri des bush babies et sans les prières de la mosquée.

12 août 2011

3e et dernière semaine au workcamp

Lundi
Ce matin, avec Laura, bénévole Danoise, nous sommes allées visiter un orphelinat à Chamazi.
Cet orphelinat accueille jusqu'à 50 pensionnaires entre 1 mois et 18 ans. Soit leurs parents sont décédés, soit ils ont été abandonnés à leur naissance.
Dès notre arrivée, on se rend compte du grand manque d'amour et d'affection qu'ont leurs enfants dans leur regard et leur comportement. Ils s'agrippent à nous tout le temps et ne veulent pas nous lâcher la main. Ils nous touchent et caressent les cheveux.
Nous aidions à arroser les plants d'arbres à papaye autour des bâtiments de l'orphelinat. Les petits insistaient pour nous aider et, ce qui nous a assez choqué, prenaient l'eau qui sortait du tuyau pour la mettre dans leurs gamelles, encore sales du petit déjeuner, pour boire ou pour se laver le visage.
Les enfants avaient tous des problèmes de peau. Une petite, plutôt espiègle, avait même le visage et le bras brulés.





















Mardi
Le matin, nous avons nettoyé le sol des plantations de mangues dans l'éco village. Une partie du terrain servait même de décharge.
L'après-midi, nous avons répété la chanson Ukimwi et la danse Chimela pour notre représentation de vendredi lors de la journée internationale de la jeunesse qui sera organisée dans l'enceinte d'Uvikiuta.


Mercredi 
Nous avons visité l'entreprise KWANZA COLLECTION Company, spécialisée dans l'exportation de produits de commerce équitable. Unique entreprise intermédiaire en Tanzanie entre 54 groupes de producteurs (un millier d'artisans) et une douzaine d'acheteurs internationaux (USA, Pays Bas, Royaume Uni, Japon et Nouvelle Zélande). Le produit phare exporté est le panier.

Vendredi : Journée Internationale de la Jeunesse

Dernier jour au chantier et finalement les 3 semaines ont passé plutôt vite. Je suis pressée de partir demain voyager. Retrouver une nourriture diversifiée, un lit, de l'eau courante.
Toute la matinée nous avons attendu longuement l'arrivée du Maire de Dar Es Salam, qui n'a finalement pas pu se déplacer et a légué la tâche à un de ses adjoints. Les élèves des écoles environnantes ont ouvert les festivités en chantant et dansant. Les bénévoles étrangers n'ont pas résisté à se mêler au groupe.



La fête battait son plein, et c'était très étrange de danser et faire la fête le matin.Un groupe de professionnels de percussions et de danse a également animé la cérémonie. Les danseurs cracheurs de feu faisaient passer des bâtons enflammés sur leurs torses. Après leur performance, nous avions la pression de passer devant l'assemblée pour danser "Chimela" et chanter "Ukimui".



L'après-midi, nous avons eu notre session d'évaluation . Nous avons tous eu le même avis sur le workcamp: c-a-d si le programme n'avait pas changé en 2e semaine, nous n'aurions pas tenu les 3 semaines. Pour les prochains workcamps, ils devraient impliquer davantage la communauté locale. A la fin des workshops avec les élèves de la région, ils ont tous émis le souhait de rencontrer plus souvent les bénévoles. C'est pour eux le seul moyen de parler l'anglais et de dévcouvrir la culture occidentale.


Le soir, il était temps de faire ses bagages et de participer à la soirée culturelle sur le thème de la Tanzanie.
Nous avons mangé autour d'un grand feu de camp au milieu du terrain de foot. Les volontaires tanzaniens s'étaient parés de leurs plus beaux habits traditionnels en fonction de leur tribu d'appartenance. On a eu droit à la présentation de chacune de leur région agrémentée de chants et de jeux.

Imani, notre professeur de Swahili, également étudiant en tourisme, nous a appris que la plupart des circuits organisés dans le pays appartiennent à des entreprises étrangères.
Lawrence, autre bénévole tanzanien, qui depuis 3 semaines s'habille à l'occidental, nous a vraiment surpris en s'habillant en Masai. Tribu nomade, éleveurs de bétails, qui se déplacent entre le Sud du Kenya et le Nord de la Tanzanie. Ils peuvent trouver logis gratuitement chez l'habitant. Leurs chaussures sont fabriquées à base de caoutchouc, récupération de pneu. La semelle a une forme symétrique, contrairement aux nôtres qui prennent la forme du pied. Cette forme symétrique empêche les éventuels ennemis de connaitre le sens de leur marche. On apprend aussi que les Masai boivent parfois le sang de leurs vaches.
Les aurevoirs avec les membres de mon groupe étaient émouvants, après avoir passé 3 semaines ensemble.




 

10 août 2011

Bagamoyo

Pour ce deuxième weekend de libre, avec les mêmes personnes avec qui j'ai fait le safari à Mikumi, nous avons décidé de nous rendre à Bagamoyo, ancienne capitale sous la colonie allemande et port d'attache pour la traite des esclaves.

Première plage africaine
Partis à 9h d'Uvikiuta, nous avons pris un dala dala jusqu'à Mbagala pour changer et prendre un bus dans lequel nous sommes restés debout pendant 1h30 jusqu'à Wenge, pour enfin prendre un dernier bus pendant 2h30.
Finalement, la ville n'a rien de si charmant, par ci par là sont dispersées des ruines, bâtisses qui pourtant bien plus solides que les maisons dans lesquelles vivent les villageois, sont laissées à l'abandon.
Le village donne sur une grande plage de sable blanc fin avec une mangrove à l’extrémité sud. Outre l''atmosphère d'un village de pêcheur,s les femmes au kanga coloré écaillent les poissons frais sur la plage pour préparer le diner, les enfants jouent dans les palétuviers de la mangrove.
Nous avons eu la chance de loger au Bagamoyo Beach Resort après avoir négocié à 15€ la nuit par personne avec petit déj. L'hôtel qui donne sur la plage est géré par des Français; comme la plupart des autres hôtels, ils sont tous gérés par des étrangers. La privatisation "illégale" de certains endroits et hôtel est un vrai problème en Tanzanie. Par exemple, nous voulions aller nager dans un lagon, ceci fut impossible puisque l’hôtel qui se trouve sur la plage du lagon est tenu par un allemand et il a refusé qu'on y accède car nous ne dormions pas dans son hôtel, alors qu'à la base cet endroit un public...
Nous avons tellement tous apprécié notre séjour dans ce resort : VRAI lit, VRAIE douche, énorme PISCINE (20 m de long), vue sur la MER. Et pour couronner le tout, le restaurant de l'hôtel était français et pour la première fois depuis 2 semaines nous avons mangé Européen : j'ai pris un plateau de fruits de met et poissons grillés et des crêpes au chocolat; un DELICE!


09 août 2011

Deuxieme semaine au workcamp

Lundi
Nous avons appris la technique du Tie and Dye. Sur un tissu blanc en coton nous tracons au crayon le dessin de notre choix. Sur les traits, on passe un fil avec 1 cm d intervalles entre deux passages de l aiguille. Lorsque qu on arrive au bout du trait, on serre le fil et on fait un noeux. Le tissu est alors plisse ce qui va creer son effet apres l avoir trempe dans la couleur. Ce tissu est tres utilise en Afrique pour les vetements.
L apres midi, je me suis rendue a Bagara en Dala Dala -pour pouvoir aller sur internet et ecrire mon blog. Apres 20 minutes de Dala Dala, il faut traverser a pied la ville en effervescence: des etales partout par terre dans la poussiere, une foule de personnes qui crient Nzungu a notre passage - ce qui signifie 'Blanc'. Il n y a seulement que 2 cyber cafes dans la ville, le 1er qui avait 6 ordinateurs etaient pleins, je me rends alors au 2e qui dispose d une dizaine de machines.
Apres avoir passe 20 minutes a ecrire mon article pour ce blog, avec un clavier tres ages et un pc tres lent, il y a eu une coupure de courant!!! Le courant ne reviendra que le lendemain... En Tanzanie les black out sont tres frequents et il faut apprendre a vivre avec. Je garde toujours avec moi ma lampe torche.
>> Classe de Swahili
Le soir, nous avons eu une reunion avec Ben, le president de l association, car je n etais pas la seule a me poser des questions sur ce projet et a savoir si j allais y rester. A la fin de la semaine, j en avais discute avec notre 'leader', Peter, a savoir si je ne pouvais pas rejoindre un workcamp sur Zanzibar ou il donnait des cours de langues. J etais ouverte a toute proposition me permettant de faire au moins quelque chose d'utile. Pendant cette reunion, nous lui avons tous exposer notre ressentiment et insatisfaction afin qu il puisse changer le programme des 2 semaines qui nous restaient.

Mardi
La journee n a pas tres bien debutee. Diwako, notre prof de danse, chant et percussions etait souffrante (typhoide) et c est Peter, notre leader qui l a remplacer alors qu il ne sait meme pas les danses et ni les chants...
L apres midi, nous avons appris le Kindu, tressage de feuille de palme qui sert a faire des paniers, es sacs et autres accessoires de mode.
Enfin d apres midi, nous avons eu le droit a la visite de l Eco Village... Enfin... c est pourtant le titre de notre Projet! Il se trouve a 1.5km du camp. Alors qu il etait annonce dans le descriptif du projet que le village regroupait 30 maisons, en realite il n y a en a que 7. Cela fait plus de 20 ans que l eco village est en cours de construction. Je suis tres decue par ce que j ai vu : les maisons sont tres luxueuses - veritables wc et douche, mobiliers chics, les maisons sont tres grandes, je dirais 120 m2. Les materiaux utilises ne sont pas du tout ecolo, a base de ciment et betons; l energie solqire n est pas encore mis en place, il n y a pas de systeme de recyclage pour les eaux usees. J ai meme appris par un benevoles vivant ds l une de ces maisons, qu il a retrouve des piles et pleins de produits toxiques dans les champs.
Le soir, nous avons eu de nouveau une reunion avec Ben qui nous a presente les nouvelles activites : visite du college et d un orphelinat.

Mercredi
J ai passe la matinee a reflechir... Apres un gros travail sur moi meme j ai decide de rester alors que j etais a 95 % sure de vouloir partir pour voyager dans le pays au lieu de rester. Mes attentes etaient je pense disproportionnees par rapport a la realite du projet en lui meme. En Afrique, les chaniters internationaux ne sont pas ce que l on s imaginait, ils attendent plus de recevoir notre argent que de nous faire travailler. J ai apprecie le fait que Ben ait change rapidement le programme pour nous faire rester. J ai donc decide de m adapter a la situation et a la culture africaine desorganisee et de pouvoir profiter des derniers moments avec les membres de mon groupe.
L apres midi nous avons continue notre Tie and Dye, et le resultat du mien n est pas tres concluant, je n ai pas du si bien serrer mes noeuds.

Jeudi
Le matin sous la pluie nous avons pris de la terre du camp pour boucher les trous de la route menant a l eco village.
L apres midi nous avons visite une ecole a Chamazi.
En Tanzanie, ils ont ecole soit le matin soit l apres midi.
Lors de notre arrivee dans la cour tous les enfants etaient sur excites.
Il y a une cinquantaine d eleves par classe. Il n y a pas assez de bureaux pour tout le monde donc une quinzaine d eleves sont par terre. Il y a si peu de place que le professeur doit mettre son bureau a l exterieur. L instituteur a une assistante qui corrige les copies des eleves.Avec une si grande quantite d eleves par classe, il est tres difficile pour le prof de connaitre le niveau de chacun et d orienter son cours pour les moins bons ou pour les meilleurs.
Pour etre instituteur, il n est pas necessaire de faire des etudes superieures. Il suffit seulement de passer un examen national apres le college/lycee.
Le probleme majeur que rencontrent les profs est l absenteisme et l absence de suivi des parents qui ne poussent pas leurs enfants a faire leurs devoirs le soir.

Le soir, nous avons eu la nuit culturelle de l Italie, les 3 benevoles nous ont concocte des pasta au pesto, un vrai delice...

Vendredi
J ai voulu participer a une reunion de 40 femmes du village qui souhaitent monter une ferme de poulets. Certains benevoles vont les aider dans l achevement de ce projet. On leur a explique aujourd hui comment faire un Business Plan.
Chaque semaine, chacune de ces femmes donne 3500 shillings pour monter cette ferme. Elles doivent atteindre un budget de 5 millions de Shillings , soit environ 2500 euro.
Elles pensent acheter 500 poulets pour produire et vendre des oeufs. Leurs clients seront: la communaute elle-meme, des magasins de Chamazi et un hotel a Dar Es Salam. Elles pensent se distinguer des concurrents par la qualite des oeufs ( plus petits et plus blancs) et la grande quantite qu elles pourront fournir. Elles feront aussi la livraison directe aupres de leurs clients. Ceci justifiera le prix des oeufs plus eleve.
Pour l instant, les femmes n ont pas encore trouver le lieu pour mettre les poulets, elles ont trouver quelques clients, leu fournisseur de poulet et leur fournisseur de nourriture pour les poulets. Elles n ont pas encore de statut juridique et ne l ont pas encore annonce a la communaute.
J ai trouve cette reunion et discussion tres interessante. Elle montre que les femmes tanzaniennes ne sont pas si soumises puisqu elles souhaitent entreprendre. Elles jouent un role important dans la societe. J ai remarque que celles qui prenaient le plus souvent la parole etaient les femmes plus agees. Elles connaissent tres bien leur marche et souhaiteraient meme, pourquoi pas a l avenir faire de l export, pas forcement d oeufs mais de d autres produits, des par exemple.
Le soir, avec ma compatriote Isma, nous avons animee notre soiree culturelle francaise. Nous avons fait des crepes, nous avons mis 4h00 a faire nos crepes avec leur poele et le feu a base de charbon. Toute l assistance a apprecie :)

08 août 2011

Mikumi Park

Bonjour a tous,
Pour mon premier weekend de libre, j ai decide de joindre un groupe de benevoles pour une excursion au parc national de Mikumi.



Apres avoir attendu 2h30 notre 4x4, nous avons enfin pris la route en direction de Mikumi a l'Est de Dar Es Salam. Cela nous a pris 7h00 en raison des bouchons a Bagala et Dar Es Salam.
Tout au long de la route, nous decouvrons "enfin' des maisons typiquement africaines (en terre rouge) et on peut y voir a l exterieur ses occupants qui font la cuisine, la sieste ou des enfants qui jouent devant les maisons.
Les Tanzaniens ne conduisent pas prudemment. Ainsi, on peut croiser des bus et camions accidentes sur les bas cote de la route. A deux reprises notre 4x4 a failli avoir un accident.
Le parc fermant a 19h00, nous n avons donc pu profiter que d une petite heure dans le parc.Toutefois, nous en avons pris plein les yeux pendant ce lapse de temps : zebres, girafes, babouins, impalas, buffles et meme 2 lionnes a a peine 3 m de la voiture - nous avons eu de la chance car les lions sont rarement visibles dans ce parc. C est tellement magique de voir les animaux dans leur milieu naturel et non pas dans un zoo. Ici on peut voir des groupes d animaux qui vivent ensemble comme les zebres, gnous et impalas.
A 18h30, nous avons assiste a un coucher de soleil dont je me souviendrai toute ma vie je pense.
Le soleil s est couche derriere les montagnes, laissant place a un ciel allant de l orange au violet, au premier plan les arbres disperses deviennent noirs : une vraie carte postale. Petit a petit le ciel s assombrit et les etoiles apparaissent encore plus brillantes et scintillantes qu ailleurs. Je n ai jamais aussi bien vu la voie lactee.
Les photos ne pourront jamais traduire ce que l on a ressenti sur place face a ce coucher de soleil.

Apres ces emotions, nous avons rejoins un lodge qui se trouvait dans le parc et ou nous attendait un feu de camp garde par un Massai. Notre diner etait excellent et changeait de la nourriture du workcamp qui n est pas tres diversifiee. Avant de nous coucher dans un lit confortable sous une tente, ce qui pour nous parrait si luxueux par rapport au matelas par terre, nous avons pu prendre une vraie douche installee a cote de vrais wc. meme si l eau eait froide, c etait un vraie bonheur de sentir l eau couler sans utiliser de bassine.
Nous avons fini la soiree autour du feu de camp a chanter, contempler les etoiles et a faire des voeux a chaque etoile filante - ici il y en a beaucoup.
Le lendemain, nous avons commence notre safari apres le lever du soleil dans la foret. Nous avons pu observer des familles d elephants, de zebres, phacocheres. C est le film du Roi Lion qui se deroule devant nos yeux emerveilles. Les animaux n hesitent pas traverser devant la voiture. Nous avons pique nique sous un arbre dans la savane a cotes de gnous. Pour finir, nous nous sommes rendus au bassin des hippopotames qui n ont pas voulu sortir de l eau, nous avons donc seulement vu leur tete. A cote du bassin, on a pu admirer des oiseaux appeles Choucador Superbe qui ont un plumage bleu fonce, turquoise et orange.
Ce premier safari me donne encore plus envie d aller au Nord du pays dans les plus grands parcs et voir les autres BIG 5.


Premieres photos

Avec les enfants de la communautee
douche
voisin
mon lit

01 août 2011

Premiere semaine au workcamp

Bonjour a tous,

Tout d abord je vous remercie pour tous vos messages qui me vont droit au coeur.
J ai du prendre un dala dala (minibus avec 12 sieges et une vingtaine de personnes a l interieur pour m amener ici a bagara, ville la plus proche de notre camp.
Notre semaine a debute tout d abord par une session d orientation pendant laquelle nous avons etablie les regles de vie du camp, les objectifs du projet etc.
Ensuite, nous avons eu des cours de swahili tous les matins, des cours de musique, chant et danse.
Nous avons egalement appris a faire un batik : tissus de coton blanc sur lequel nous peingons un dessin a la cire de bougie. Ensuite il faut le tremper dans un melange de sodium et de soude qui sert de fixateur. Puis on trempe le tissu dans une coloration de son choix. Le resultat est plutot joli. Le dessin peint a la bougie reste blanc quant au reste il est colore.
Nous nous sommes rendus deux fois a Dar Es Salam, ville la plus industrialisee de la Tanzanie. La ville comporte tres peu d acces donc on ne compte pas les heures de bouchons pour y acceder. Comme toute grande ville des pays du Sud, les rues grouillent de monde, je dirais meme plus qu en Chine. La ville reste tout de meme sommaire, il y a peu de buildings. les batiments neufs sont construits par les compagnies chinoises installees ici, ou bien japonaise comme Nissan.
C est d ailleurs particuliers de voir des caracteres chinoises sur les bus ... La deuxieme occasion pour laquelle nous sommes alles a Dar Es Salam etait pour visiter le Village museum reconstition de ;aisons traditionnelles de tribus differentes. Malheureusement avec l organisation africaine et les bouchons, nous n avons pas pu rentrer dans le parc pour cause de fermeture mais avons seulement a un spectacle de danse, theatre et de concerts. Ce spectable qui a dure plus de 4h avait lieu lors d un festival 'Rencontre entre la musique traditionnelle et moderne'. J ai raiment apprecie ce moment ou on a pu danser avec les enfants, ecouter des Albinos, qui, il y a encore deux ans etaient tues pour que leurs membres soient vendus car il portait chance et argent a ceux qui les detenaient. Depuis peu une lois est passee et ils sont enfin libres. Cette partie etait tres emouvante.
Un autre matin nous sommes alles au marche dans un village proche du notre, afin de mettre en pratique nos cours de swahili.
Nous prenons egalement des cours de cuisine : nous avons cuisines des chapati : crepes servant de pain parfois a base d huile et de farine.
Nous avons passe un apres midi dans une famille. Ils ont que deux pieces seulement : le salon qui sert aussi dfe chambre pour les enfants et une chambre pour les parents. La cuis ine et la salle de bain, c est a l exterieur au milieu de la cours. La toilette se fait donc avec une bassine a lexterieur et la cuisine a l aide de plats et d un recipient dqns lequel on met du charbon.
Tous les matins avec un petit de groupe de 5, nous courons une demie heure a lexterieur du camp pour voir le magnifique lever de soleil.
Malgre tout ce que j ai ecrit precedemment, nous avons beaucoup de temps libre pendant lequel on ne fait qu attendre.... Parfois meme les activites prealablement prevues ne se font pas pour x raisons. Donc pour etre honnete avec vous, je suis en train de reflechir sur mon investissement dans ce projet.